Quand les Bourses, le pétrole et les taux des banques centrales bougent, cela se voit sur votre épargne et sur le prix de l’essence.
Reste à savoir ce qui a bougé et si cela touche vos placements. Dans cet article, nous faisons le point sur la semaine du 23 octobre 2026 et sur ce que cela change pour vous.
Des Bourses en ordre dispersé, l’Europe en recul
Les indices américains
Sur la semaine, les Bourses américaines ne vont pas dans le même sens. Le Dow Jones a gagné 0,4 %, mais le S&P 500 a reculé de 0,5 % et le Nasdaq de 0,7 %.
L’indice mondial MSCI a perdu 0,35 % le 23 octobre, à 1 118,97 points. Le recul est léger. Si vous détenez un fonds mondial, ne réagissez pas à une seule séance : regardez la tendance sur plusieurs semaines.
Le recul vient surtout de l’intelligence artificielle (IA) et des fabricants de puces, ces composants qui la font tourner. Le 22 octobre, l’indice des semi-conducteurs PHLX a chuté de 6,7 %, sa plus forte baisse depuis le 23 juin.
La cause : les investisseurs doutent que les dépenses en IA soient rentables. Des résultats d’entreprises ont relancé la question de leur financement.
Si vous détenez des actions technologiques, c’est là que la baisse se fait sentir.
Les indices européens
En Europe, le STOXX Europe 600 finit la semaine en recul de 1,4 %, à 635,77 points.
Le CAC 40 ferme le 23 octobre à 7 782,82 points. La France pèse : incertitude politique et doutes sur les finances publiques.
Le pétrole, en hausse, ajoute à la pression. Une baisse d’indice ne touche pas toutes les actions pareil : les secteurs les plus exposés reculent plus. Si vous suivez la Bourse suisse, lisez l’analyse du SMI.
Pétrole et or : le grand écart de la semaine
Le pétrole
Le pétrole est le mouvement le plus fort de la semaine. Le 23 octobre, après les attaques des Houthis en Arabie saoudite, le Brent a touché 116,42 dollars le baril, un sommet de plus de cinq mois.
Pourquoi ça compte ? Un baril plus cher fait grimper le prix de l’essence et du transport, donc l’inflation. Les banques centrales hésitent alors à baisser leurs taux. Pour suivre ce dossier, voyez l’analyse des marchés de la semaine 39.
L’or et les autres métaux précieux
L’or a connu une semaine heurtée. Le 23 octobre, il est passé sous 4 000 dollars l’once, à 3 986,50 dollars, avant de remonter à 4 023,95 dollars dans la journée.
Sur la semaine, l’or perd tout de même 3,5 %, sa plus forte baisse depuis juin 2026. Le pétrole relance l’inflation, donc les attentes de taux élevés. L’or ne rapporte aucun intérêt : quand les taux montent, il attire moins.
Argent, platine et palladium ont tous reculé sur la semaine, comme l’or. Le tableau donne leur cours du 23 octobre, au comptant, c’est-à-dire au prix du jour.
| Critère | Argent | Platine | Palladium |
|---|---|---|---|
| Cours le 23 octobre (dollars l’once) | 53,84 | 1 558,18 | 1 047,69 |
| Évolution sur la semaine | En baisse | En baisse | En baisse |
| Usage principal | Industrie et bijoux | Pots catalytiques et industrie | Pots catalytiques des voitures |
Croissance et inflation : les chiffres qui comptent
Zone euro
Le PMI est un indice mensuel, calculé à partir d’une enquête auprès des entreprises sur leurs commandes et leur activité. Au-dessus de 50, l’activité progresse ; en dessous, elle recule.

Dans la zone euro, le PMI composite d’octobre tombe à 51,9, contre 53,1 en septembre.
L’activité progresse encore, mais beaucoup moins vite, et ce niveau est le plus bas depuis juin 2026. Donc la reprise tient, mais elle s’essouffle.
La France pèse lourd sur ce ralentissement, et ses trois PMI sont tous passés sous 50 :
- Le PMI composite français tombe à 48,4 en octobre, contre 51,1 en septembre.
- Dans les services, il est à 48,4, et dans l’industrie manufacturière à 49,3.
- Les grèves, les manifestations et l’incertitude politique freinent l’activité du pays.
Chine
La Chine a enregistré une croissance de 4,5 % sur un an au troisième trimestre 2026, contre 4,3 % au deuxième. Elle dépasse de 0,1 point la prévision moyenne des économistes, qui attendaient 4,4 %.
Pourquoi cela compte-t-il pour votre argent ? Une Chine qui accélère consomme davantage de pétrole et de métaux, ce qui soutient leurs prix.
Royaume-Uni
Voici les chiffres d’inflation britanniques de septembre :
- L’inflation annuelle, c’est la hausse des prix sur un an, atteint 3,5 % en septembre, contre 3,1 % en août.
- L’inflation des services monte à 3,7 %, contre 3,4 % en août.
- L’inflation alimentaire n’est que de 1,3 %, et ce sont les carburants qui ont poussé la hausse globale.
Quand les prix remontent, la banque centrale garde ses taux élevés, ce qui rend le crédit plus cher et freine la croissance.
Taux directeurs : qui décide quoi, et à quel niveau
La Réserve fédérale américaine
Les taux cités ici sont ceux en vigueur avant la décision de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine. Le taux directeur américain est de 3,75 % à 4,00 %.
Un taux directeur est le taux que la banque centrale fixe pour les prêts entre banques. Quand il monte, l’argent coûte plus cher dans toute l’économie. Quand il baisse, emprunter devient moins cher.
Quand la Fed change son taux, cela se voit à trois endroits :
- Crédit immobilier : un taux plus haut renchérit les nouveaux emprunts, donc les mensualités.
- Livret d’épargne : la rémunération suit le mouvement, mais avec un décalage.
- Actions : des emprunts plus chers pèsent sur les profits des entreprises, et les cours ont tendance à reculer avec eux.
La Banque centrale européenne
À la BCE, deux taux comptent pour les banques, et ils ne sont pas identiques :
- Le taux de la facilité de dépôt, à 2,50 %, correspond à ce qu’une banque touche quand elle place son argent à la BCE pour une nuit.
- Le taux de refinancement principal, à 2,65 %, correspond à ce qu’elle paie quand elle emprunte à la BCE.
- La prochaine décision est attendue le 29 octobre 2026 à 14 h 15, heure de Paris.
La Banque du Japon
Au Japon, le taux directeur en vigueur est de 1,25 %. La Banque du Japon se réunit les 29 et 30 octobre 2026 pour décider s’il bouge. Le 30 octobre, elle publie aussi son rapport sur les perspectives économiques.
Si vous avez des placements liés au yen ou à la Bourse de Tokyo, notez ces dates : une décision peut les faire bouger.
Les rendez-vous à suivre dans les prochains jours
Les résultats des géants de la tech américaine comptent beaucoup. Leurs chiffres montrent si l’intelligence artificielle rapporte, et ils font bouger les Bourses.

L’indice PCE mesure l’inflation aux États-Unis. Si elle reste élevée, la banque centrale américaine garde ses taux hauts, ce qui pèse sur les Bourses. Sa réunion se termine le 28 octobre, avec un communiqué à 19 h à Paris.
Voici les dates à suivre :
- Mercredi 28 octobre : Microsoft et Alphabet publient leurs résultats après la clôture de Wall Street.
- Jeudi 29 octobre : le PIB américain du troisième trimestre et l’indice PCE sont attendus.
- Vendredi 30 octobre : la Banque du Japon publie son rapport, à la fin de sa réunion.
- Faites le point sur vos placements avec votre conseiller, et voyez les meilleurs fonds d’investissement en Suisse si vous comparez.
Les Bourses ont pris des chemins différents, et la tech a le plus pesé. Le pétrole et les décisions des banques centrales diront si la tendance tient.
Ne réagissez pas à une séance isolée. Prochain pas : notez les dates du 28 au 30 octobre, puis parlez de vos placements avec votre conseiller.



